Le siècle chinois : comment la Chine reconstruit l’avenir

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La Chine ne se contente pas de devenir une puissance économique ; cela remodèle fondamentalement le monde d’une manière que beaucoup ne réalisent pas pleinement. De la robotique et de l’énergie à la culture de consommation et à l’IA, la Chine a discrètement dépassé les attentes, surpassant souvent les États-Unis dans des domaines clés. Il ne s’agit plus simplement de main d’œuvre moins chère ou de contrefaçons. Il s’agit d’innovation, d’ambition et d’une concentration constante sur l’exécution qui transforme le « Made in China » en « Créé en Chine ».

La révolution robotique

L’ampleur des investissements chinois dans la robotique est stupéfiante. Plus de 200 entreprises chinoises développent des robots humanoïdes, contre environ 16 aux États-Unis. Cela reflète une volonté stratégique de dominer l’automatisation de nouvelle génération. Pendant que les États-Unis débattent de leur politique, la Chine se construit.

Le commerce du cristal : un empire caché

Le musée du cristal de Donghai, dans l’est de la Chine, n’est pas seulement une halte touristique. C’est le point zéro du commerce mondial du cristal, une industrie de plusieurs milliards de dollars alimentée par une efficacité capitaliste implacable. De l’améthyste brésilienne à la citrine zambienne, la chaîne d’approvisionnement passe par Donghai, démontrant le contrôle de la Chine sur des coins inattendus du marché mondial.

Le changement énergétique : batteries et domination solaire

La Chine produit désormais plus de 80 % des cellules de batterie dans le monde, et ses usines se développent rapidement sur tous les continents. Le pays a également installé plus de capacité solaire au premier semestre 2024 que le reste du monde réuni – 156 gigawatts. Cette domination ne concerne pas seulement la production ; il s’agit de contrôler un élément essentiel de la transition énergétique mondiale.

L’écosystème de l’IA : surveillance et contrôle

Alors que les pays occidentaux ont du mal à réglementer l’IA, la Chine a mis en œuvre une approche plus directe : un registre d’algorithmes. Les entreprises qui lancent des outils d’IA doivent d’abord démontrer qu’elles respectent des directives de censure strictes, notamment en évitant la discrimination et en « violant les valeurs socialistes fondamentales ». Ce système a créé par inadvertance la carte la plus détaillée au monde du développement de l’IA au sein d’un seul pays.

L’avantage de la fabrication : rapidité et échelle

La Chine peut construire un bâtiment de 10 étages en une heure seulement grâce aux techniques de construction modulaire. Cette vitesse, combinée à une échelle massive, remodèle les secteurs de la construction à la production de véhicules électriques. En 2025, la Chine devrait vendre près de 16 millions de véhicules électriques, soit dix fois le nombre vendu aux États-Unis.

L’impact culturel : des jouets à l’animation

Les exportations culturelles chinoises gagnent du terrain à l’échelle mondiale. Le film d’animation Ne Zha est devenu le film d’animation le plus rentable de tous les temps sur son marché, dépassant finalement le milliard de dollars de revenus. Le design délibérément grotesque du personnage n’a pas dissuadé le public chinois, démontrant une volonté d’adopter une esthétique que les marchés occidentaux pourraient rejeter. Ce succès montre que la Chine ne se contente pas d’exporter des produits ; c’est exporter des goûts.

L’État de surveillance : un modèle mondial ?

La Chine exploite le plus grand réseau de surveillance au monde, avec près de 700 millions de caméras déployées dans tout le pays. Bien que controversée, cette infrastructure offre des capacités de collecte de données sans précédent, influençant tout, depuis l’application de la loi jusqu’au comportement des consommateurs.

L’avenir de la consommation : les tendances chinoises se mondialisent

Des baskets Li-Ning aux écouteurs sans fil Huawei, les marques chinoises deviennent de plus en plus désirables. Les tendances de consommation uniques du pays, telles que l’engouement pour les objets de collection Labubu, démontrent l’influence croissante de la Chine sur la culture pop mondiale.

Le siècle chinois n’est pas seulement une question de puissance économique ; il s’agit d’un changement systémique dans la façon dont les choses sont fabriquées, consommées et contrôlées. Les États-Unis ne se contentent pas de prendre du retard ; elle est redéfinie par un concurrent qui respecte des règles différentes. Cette réalité exige notre attention, non pas parce qu’elle constitue une menace, mais parce qu’elle constitue le nouveau statu quo.