Le mercantilisme était le moteur économique qui a construit les empires, mais il les a également déchirés. La théorie soutenait que la richesse nationale dépendait de l’exportation plus que de l’importation. Pour obtenir cet excédent commercial, les gouvernements ont créé des monopoles commerciaux exclusifs et limité les endroits où les marchandises pouvaient être achetées et vendues. Le résultat a été un système qui a enrichi des entreprises et des États spécifiques tout en étranglant la croissance économique au sens large.
Le coût élevé des sociétés commerciales exclusives
La caractéristique déterminante du mercantilisme était le monopole soutenu par l’État. Les gouvernements ont accordé des chartes à des entités spécifiques, notamment la Compagnie des Indes orientales et la Compagnie française des Indes orientales. Ces sociétés avaient le droit légal de commercer dans des régions spécifiques, interdisant ainsi la concurrence.
Parce que ces entités contrôlaient l’offre et la demande, elles pouvaient fixer les prix sans se soucier du bien-être des consommateurs. Les consommateurs européens étaient souvent confrontés à des prix très élevés pour les produits finis simplement parce qu’ils étaient obligés de s’approvisionner auprès d’un seul fournisseur. Le manque de concurrence n’incitait pas à réduire les coûts ou à innover. Les bénéfices allaient aux actionnaires et à l’État, et non au marché au sens large.
Des guerres commerciales aux coups de feu
L’économie mercantiliste était un jeu à somme nulle. L’excédent d’exportation d’un pays était le déficit d’un autre. Cette rivalité structurelle a transformé les conflits commerciaux en conflits militaires. Les guerres anglo-néerlandaises en sont le meilleur exemple. La Grande-Bretagne et les Pays-Bas ne se sont pas affrontés uniquement au sujet du territoire, mais aussi au sujet des voies de navigation, des postes de traite et du droit de contrôler le commerce mondial.
Lorsque deux États dépendent de l’accumulation de richesses pour conserver leur pouvoir, la paix devient fragile. Les blocus navals, les tarifs douaniers et les corsaires sont devenus des outils standards de l’art de gouverner. Le motif économique de la guerre était explicite : prendre la part commerciale de l’autre pays.
La contrebande comme réponse rationnelle
Aucune législation ne peut supprimer totalement l’incitation au profit. Les colons des Amériques se sont vite rendu compte que les restrictions commerciales mercantilistes étaient faciles à exploiter. Les règles exigeaient que certains produits soient achetés uniquement à la mère patrie et que les matières premières soient vendues uniquement à la couronne.
Les colons ont cherché à contourner ces restrictions grâce à une contrebande généralisée. Ils commerçaient directement avec d’autres pays, contournant complètement les sociétés commerciales monopolistiques. Il ne s’agissait pas simplement d’un comportement illégal ; c’était une réponse économique rationnelle à des prix élevés et à un choix limité. Au moment où le gouvernement britannique a tenté de renforcer les contrôles, la contrebande était déjà une partie importante et intégrée des économies coloniales.
Les germes de la révolution américaine
Les frictions entre la Grande-Bretagne et ses colonies américaines n’étaient pas accidentelles. C’était une conséquence directe des contraintes mercantilistes. Les colonies n’étaient pas des acteurs économiques libres ; il s’agissait de marchés réglementés destinés à bénéficier à la métropole.
À mesure que la prospérité coloniale grandissait, leur ressentiment d’être traité comme une source de matières premières plutôt que comme un partenaire commercial augmentait également. Les restrictions sur les lieux d’achat des produits finis, combinées à la présence de sociétés commerciales monopolistiques, ont créé un climat de méfiance. Ces griefs économiques faisaient sans doute partie des principaux éléments qui ont conduit à la Révolution américaine. La guerre n’était pas seulement une question de fiscalité ; il s’agissait du droit fondamental de commercer librement sans monopoles imposés par l’État.
Ce que les investisseurs modernes devraient apprendre
Le mercantilisme constitue une mise en garde pour quiconque a affaire à des marchés réglementés par l’État. Lorsque les gouvernements créent des monopoles artificiels pour protéger l’industrie nationale ou garantir des avantages commerciaux, ils créent souvent des inefficacités qui nuisent aux consommateurs et invitent au marché noir.
Le système a fonctionné pendant un certain temps. Il a construit des marines et rempli des trésors
























